31.08.2007
La justice de l'Iowa reconnait le droit au mariage pour ses couples homosexuels
Un juge local de l'Iowa, estimant que la loi interdisant le mariage homosexuel dans cet Etat du centre des Etats-Unis était discriminatoire, a autorisé jeudi six couples à se marier.
La décision n'est pas définitive parce qu'un recours devant la cour suprême de l'Iowa est probable, mais elle relance encore une fois le débat sur ce sujet politiquement ultra-sensible, dans l'Etat même qui doit voter le premier pour les primaires avant la présidentielle de 2008.
"Dans la mesure où (la loi interdisant le mariage homosexuel) viole les droits à l'équité et à l'égalité des plaignants (... en) l'absence de tout rapport rationnel avec un quelconque intérêt légitime du gouvernement, le tribunal conclut qu'elle est anticonstitutionnelle et invalide", écrit le juge Robert Hanson dans sa décision.
Le juge, qui siège à Des Moines, rejette tout particulièrement l'idée que cette loi protège la famille et les enfants.
"Ce tribunal n'a pas encore entendu un argument convaincant expliquant comment le fait d'empêcher les couples du même sexe de se marier favorise la reproduction (...) des couples de sexes différents. Pour autant que ce tribunal puisse dire, (la loi) ne sert qu'à nuire aux couples du même sexe et à leurs enfants", estime Robert Hanson.
Pour le juge, la discrimination au nom de la défense des enfants est d'autant plus évidente que la loi n'interdit pas aux personnes stériles, aux malades mentaux ou même aux agresseurs d'enfants de se marier.
La quasi-totalité des Etats américains interdisent le mariage homosexuel. Seul le Massachusetts, l'autorise depuis une décision de justice qui a mis le feu à la campagne présidentielle de 2004. Plusieurs autres Etats permettent une union civile offrant plus ou moins de garanties.
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La droite hongroise lance un bras armé homophobe
La gay pride de Budapest aura peut-être été son terrain d'entraînement: le parti d'extrême droite Jobbik, à l'origine des violences du 7 juillet dernier, a créé samedi un groupe paramilitaire néonazi, devant un millier de personnes et au pied du palais présidentiel.
Le but des 56 premiers membres de la «Garde Hongroise» («Magyar Garda») sera humblement de «sauver le peuple hongrois». De qui? D'abord des voisins slovaques, serbes et roumains, à qui il est demandé de restituer les territoires hongrois perdus lors de la Seconde Guerre mondiale. Mais également des Roms, des juifs et des homosexuels. Et le Premier ministre hongrois prend au sérieux la création de cette force paramilitaire: «Les fascistes se rassemblent. Ils ne frappent pas à la porte, ils sont là, parmi nous», a dit Ferenc Gyurcsany.
Un sondage a révélé mardi que 59% des Hongrois estiment que ce groupe présente une danger. 21% d'entre eux se déclarent d'ailleurs personnellement inquiétés par les néonazis... même s'ils sont 13% tout de même à avouer leur sympathie pour cette initiative! Fidesz, le plus grand parti de droite, a conclu des alliances avec le parti Jobbik dans plusieurs municipalités et l'un de ses députés a pris la parole lors de la création du groupe paramilitaire.
C'est d'ailleurs un membre du Fidesz qui était à l'origine d'un photomontage présentant le secrétaire d'État Gabor Szetey, ouvertement homosexuel, portant le triangle rose devant les portes du camp de Auschwitz. La photo a été publiée mercredi dernier sur le site internet de la radio de droite Lanchid. Le Premier ministre reproche à l'opposition de droite de ne pas s'être suffisemment dissociée de la création d'un groupe néonazi et au président de la République Laszlo Solyom de ne pas l'avoir condamnée explicitement.
par Blaise Gauquelin
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Les transsexuels entrent dans les prières du Mouvement Juif Réformé américain !
Le Mouvement juif réformé, la plus grande branche du judaïsme aux États-Unis, a publié récemment un manuel révisé dans le but de promouvoir l'inclusion des personnes LGBT dans le mouvement.
Le manuel Klanu («nous tous» en hébreu) contient deux bénédictions uniques et exceptionnelles pour les transgenres. On y trouve, entre autres, une liturgie pour les cérémonies célébrant les mariages des couples du même sexe.
Ainsi, l'une des deux bénédictions écrites par le rabbin transgenre Elliot Kukla est «Blessed are You, Eternal One, our God, Ruler of time and space, the transforming one to those who transform/transition/cross over» (à peu près: «Béni sois-tu, notre Dieu éternel, créateur du temps et de l'espace, qui transforme ceux qui se transforment/changent de sexe»).
La version précédente du manuel, publiée il y a 10 ans, était déjà considérée comme innovante pour ce mouvement qui reconnaît ses membres LGBT comme des membres égaux.
par Eran Guterman
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La France régularise un réfugié iranien homosexuel, lui évitant une mort quasi-certaine
Hamid est enfin tiré d'affaire. Ce jeune homosexuel iranien, menacé d'expulsion par la France, a obtenu le statut de réfugié.
Interpellé par des associations, dont Act Up-Paris, les Panthères roses, Tjenbé Rèd et Tapages, sur les risques qu'encourait Hamid dans son pays, le directeur de cabinet du ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement a répondu dans une lettre datée du 23 août: «J'ai le plaisir de vous informer que l'intéressé, qui a été entendu le 2 août dernier par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra), s'est vu reconnaître la qualité de réfugié et remettre une carte de résident valable dix ans. Dès lors, il n'encourt plus aucun risque de retour forcé vers son pays».
Thierry Coudert a par ailleurs rappelé que «les risques de persécutions encourus dans le pays d'origine à raison de l'orientation sexuelle figurent bien évidemment, au même titre que d'autres types de risques, parmi les motifs susceptibles d'ouvrir droit au bénéfice du statut de réfugié».
Quant à Pegah Emambakhsh, lesbienne iranienne menacée d'expulsion au Royaume-Uni, son extradition est aujourd'hui ajournée pour laisser à ses avocats le temps de prouver qu'elle est lesbienne. «Je ne vois quelle preuve je pourrais donner», s'est désolée Pegah.
par Habibou Bangré
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30.08.2007
La vision "toute particulière" sur l'homosexualité du Conseil Général de la Lozère...
Le Conseil Général de la Lozère viole la loi depuis le 8 décembre 2006 en n'accordant pas à ses salariés homosexuels les mêmes droits qu'aux salariés hétéros. Au lendemain de la révélation de cette affaire par le Collectif contre l'homophobie, le Conseil Général affirme vouloir rectifier la situation.
Le Collectif contre l'homophobie et pour l'égalité des droits a révèlé, hier 29 août, que le Conseil Général de la Lozère, présidée par Jean-Paul Pourquier (UMP), a institué un traitement discriminatoire à l'égard de certains de ses salariés homosexuels, lors de sa Commission Permanente du 8 décembre 2006.
On peut lire, en effet, dans le rapport n°703 qui concerne la gestion du personnel départemental en matière de concubinage que " la jurisprudence, dans l'attente d'un texte général en la matière, considère que sauf dispositions spécifiques, l'homosexualité est dépourvue d'effets juridiques".
Or, la loi n° 99-944 du 15 novembre 1999 relative au Pacte Civil de Solidarité a étendu le concubinage aux couples de même sexe sur proposition d'un amendement sénatorial proposé par le groupe UMP.
Cette situation, révélée par certains agents du Conseil Général de la Lozère, "inquiète" le Collectif contre l'homophobie basé à Montpellier. Et ce, notamment dans la mesure où cette définition restrictive et discriminatoire du concubinage a été votée par les 25 conseillers généraux -gauche et droite confondues, qu'elle a subi le contrôle de légalité de la Préfecture de Lozère et que les organisations syndicales représentant le personnel départemental en ont eu connaissance.
Le Collectif contre l'homophobie et pour l'égalité des droits a manifesté son intention de saisir la Halde (Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité) au sujet de cette délibération, ainsi que le Préfet de la Région Languedoc-Roussillon.
"Nous avons demandé à nos avocats d'examiner la possibilité d'engager des poursuites contre le Conseil Général de la Lozère aussi bien devant le tribunal administratif que devant le tribunal correctionnel" ajoute Hussein Bourgi, le président du Collectif.
Devant la publicité faite à cette situation, le Conseil général de Lozère a réagi en indiquant à l'AFP, jeudi 30 août, vouloir "corriger cette erreur" dans le texte incriminé, lors de la prochaine session le 28 septembre.
Le Conseil général affirme s'être "appuyé pour rédiger ce règlement intérieur qui date de deux ans, sur des textes administratifs anciens, en vigueur dans la grande couronne parisienne".
"On s'est aperçu que depuis, dans des textes sur le PaCS, la notion de concubinage a changé et nous allons corriger le texte lors de la prochaine réunion du Conseil général", a assuré la collectivité précisant n'avoir eu "aucune volonté de nuire à qui que ce soit ni à quiconque".
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15:45 Publié dans 01 - Actualité, 06 - Politique, 11 - Homophobie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, ump, homophobie, homosexualité, lozere, mende, pacs
Le Paris Saint-Germain distingué pour son engagement dans la lutte contre l'homophobie
Le Paris Foot Gay, SOS homophobie et l'Inter-LGBT remettront le Trophée B.yourself à Alain Cayzac, président du PSG, dimanche 2 septembre, pour saluer son engagement contre l'homophobie dans le foot.
A l'occasion de la rencontre entre le Paris Saint-Germain et l'Olympique de Marseille, le Paris Foot Gay, SOS homophobie et l'Inter-LGBT remettront le Trophée B.yourself à Alain Cayzac, président du PSG, dimanche 2 septembre 2007, au Parc des Princes.
La remise de ce trophée sera l'occasion pour les associations LGBT de saluer le partenariat instauré voici trois ans avec le PSG ainsi que les actions menées par ce club,le seul engagé à ce jour en France en faveur de la lutte contre les discriminations et contre l'homophobie dans le football.
A cette occasion, Alain Cayzac devrait également signer la Charte contre l'homophobie dans le football proposée par le Paris Foot Gay. Déjà ouvertement engagé par ses actions, le Paris Saint-Germain sera ainsi le premier club professionnel à confirmer par écrit son engagement dans ce combat.
Une mention spéciale sera également attribuée à la Ligue professionnelle de football et à la Fédération française de football qui, contrairement à l'UEFA ou à d'autres fédérations européennes, brillent par leur absence sur le terrain de l'homophobie, malgré les appels répétés des associations LGBT.
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15:40 Publié dans 01 - Actualité, 06 - Politique, 10 - La H.A.L.D.E., 11 - Homophobie, 12 - Associations | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, homophobie, football, psg, paris, lgbt, gay
Les prisonniers "roses" de l'Oncle Sam
Les services pénitentiaires de Texas et de Caroline du Sud utilisent la couleur rose, associée à l'homosexualité, comme "humiliation" auprés de certains détenus.
Depuis deux ans, certaines prisons de l'Etat américain de Caroline du Sud font porter aux détenus qui se livrent à des "actes à caractère sexuel" devant le personnel pénitentiaire une combinaison de couleur rose.
En 2006, une prison du Texas avait expérimenté une méthode similaire. Les services pénitentiaires avaient imposé aux détenus le port de combinaisons roses, dans le but prétendu de "faire en sorte qu'une fois leur peine effectuée, les détenus n'aient jamais envie de revenir".
Cette tenue serait aussi à l'origine d'abus sexuels de la part d'autres détenus. Les autorités pénitentiaires joueraient sur la couleur rose, symbole d'homosexualité, pour attiser l'homophobie des détenus entre eux.
Un détenu a saisi la justice de cette utilisation "humiliante" du rose pour stigmatiser certains prisonniers.
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15:35 Publié dans 01 - Actualité, 06 - Politique, 08 - Dans le monde, 11 - Homophobie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, usa, prison, homosexualité, homophobie, sexualité, discrimination
29.08.2007
Les économies du Président Sarkozy, passeront-t-elles par les malades du sida ?
Eric Woerth doit proposer aujourd'hui à Nicolas Sarkozy de réduire sa contribution au Fonds mondial de lutte contre le sida pour 2008. "Des économies sur le dos des malades du sida" estiment Act Up-Paris, Aides, Sidaction et Solidarité Sida.
Le ministre du Budget propose en effet que, pour la première fois de son histoire, la France n'augmente pas en 2008 sa contribution au Fonds mondial de lutte contre le sida (comme la France s'y est pourtant engagée à de nombreuses reprises) - mais au contraire la diminue, passant de 300 millions d'euros en 2007 à 250 millions en 2008.
"La vie de centaines de milliers de malades est directement en jeu, expliquent plusieurs associations de lutte contre le sida qui estiment que la baisse de 15% demandée par Eric Woerth reviendrait à supprimer le traitement sida à 15 000 des 100 000 malades pris en charge par la France à travers le Fonds mondial".
Act Up-Paris, Aides, Sidaction et Solidarité Sida rappellent au Président de la République ses engagements électoraux d'il y a quatre mois et ceux du G8 il y a deux mois. "Au vu de ces engagements, Nicolas Sarkozy doit au minimum maintenir le poids de 10% de la France dans le Fonds mondial. Cela représente 800 millions de dollars sur les 8 milliards à apporter en 2010 - soit 600 millions d'euros. La contribution française 2007 étant de 300 ME, cela implique 400 millions en 2008" soulignent les associations.
Les malades et les associations de lutte contre le sida se disent "bien conscients des contradictions budgétaires que rencontre le gouvernement". Mais, pour autant, "les économies ne peuvent pas être réalisées sur le dos des plus faibles, ceux qui meurent du sida dans les pays en développement" insistent-ils .
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15:20 Publié dans 01 - Actualité, 05 - Santé, 06 - Politique, 08 - Dans le monde, 12 - Associations | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, santé, sida, lgbt, monde, sarkozy, budget
L'Europe LGBT se mobilise pour empêcher l'expulsion d'une lesbienne iranienne
Les associations LGBT européennes se mobilisent contre l'expulsion vers l'Iran de Pegah Emambakhsh, une lesbienne réfugiée en Grande-Bretagne depuis 2005 et qui demande l'asile politique pour éviter la peine de mort dans son pays d'origine.
Lundi 13 août 2007, Pegah Emambakhsh, demandeuse d'asile de nationalité iranienne âgée de 40 ans, a été arrêtée par la police anglaise et placée en détention dans l'attente de son expulsion, après le refus de l'agence des frontières et de l'immigration britannique (BIA) de faire droit à sa demande d'asile politique en Grande-Bretagne. L'agence n'a pas considéré le risque de persécution comme avéré, bien que la partenaire de Pegah Emambakhsh ait été torturée et condamnée à mort dans son pays d'origine.
Cette expulsion, prévue à l'origine pour le 16 août, a été retardée grâce à une mobilisation associative un peu partout en Europe.
Cette mobilisation a été particulièrement vive en Italie, où les associations ont rencontré l'ambassadeur du Royaume-Uni. Barbara Pollastrini, ministre de l'égalité des chances et membre des démocrates de gauche (DS, parti appartenant au Parti socialiste européen), a déclaré qu'il ne fallait « pas exclure d'accueillir Pegah en Italie » car tout devait être tenté pour protéger ses droits fondamentaux. L'assciation Arcigay a demandé au gouvernement Prodi d'accorder l'asile politique à Pegah.
Dans l'attente d'une décision définitive, la mobilisation en faveur de Pegah Emambakhsh se poursuit. Lundi, les Panthères roses ont manifesté devant l'ambassade de Grande-Bretagne à Paris.
L'association Homosexualités et Socialisme (HES) rappelle que, selon les défenseurs iraniens des droits humains, plusieurs milliers d'homosexuels ont été exécutés en Iran depuis la fondation de la République islamique en 1979.
Les pays de l'Union européenne examinent tous les ans de nombreux cas de demandes d'asile, qui aboutissent régulièrement à des décisions d'expulsion. HES rappelle que la Convention de Genève du 28 juillet 1951 et la directive européenne 2004/83/CE du 29 avril 2004 prévoient l'octroi de l'asile aux personnes persécutées en raison de leur orientation sexuelle. L'association demande l'application de ces dispositions par les pays membres de l'Union européenne.
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15:15 Publié dans 01 - Actualité, 06 - Politique, 07 - Religion, 08 - Dans le monde, 11 - Homophobie, 12 - Associations | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, europe, uk, londres, iran, islam, homophobie
27.08.2007
Les citoyens homosexuels français auront désormais leurs "archives" à Lyon
Michel Chomarat a créé, à Lyon, le plus important centre français de ressources documentaires gay et lesbiennes. Il explique sa démarche et revient sur l’échec dramatique du projet de centre d’archives LGBT parisien.
Militant gay important, passionné d’archives et d’histoire(s), Michel Chomarat a réussi un incroyable pari : créer le premier centre de ressources documentaires gay et lesbiennes hébergé par une institution publique. C’est la Bibliothèque municipale de Lyon (une véritable institution) qui accueille depuis 2005 cette collection unique en France. Unique aussi est la démarche de Lyon, première ville en France a avoir investi avec "lisibilité" comme le dit Michel Chomorat et intelligence dans le champ des Gay and Lesbian Studies et plus largement de la Mémoire LGBT.
La réussite spectaculaire de ce projet tranche douloureusement avec le capotage en règle du projet de centres d’archives de Paris. A la faveur de la publication d’un superbe album "Follement gay !" consacré à l’homosexualité dans les collections de la Bibliothèque de Lyon, "Illico" a choisi d’interviewer le maître d’œuvre de ce projet, un des rares hérauts (héros ?) de notre mémoire : Michel Chomarat.
> L'interview
Depuis quand vous intéressez-vous à la mémoire gay et lesbienne ?
En tant que militant gay, j’ai toujours archivé les nombreux événements auxquels j’ai été confronté comme l’affaire du Manhattan à Paris en 1977 [la police avait alors investi une des premières backrooms de l’époque] et les procès qui ont suivi, la création en 1981 du GLH [Groupe de Libération Homosexuelle] à Lyon, la mort de Pierre Jeancard en 1981 [l’auteur du mythique livre SM gay "La cravache" ], mais c’est l’apparition du sida et la brutale disparition de la plupart de mes amis qui m’ont fait prendre conscience que si je devais leur survivre, je leur restituerai publiquement, tôt ou tard, leur mémoire… J’ai aussi pris conscience très tôt que lorsque l’on fait partie d’une minorité, on est nécessairement dans une forme de sursis et que l’on se doit de laisser les traces de cette histoire aux générations futures.
Comment expliquez-vous le peu d’intérêt des gays et des lesbiennes pour la conservation de cette mémoire ?
Je comprends, notamment chez les plus jeunes, le peu d’intérêt pour les questions de mémoire et d’histoire des gays et des lesbiennes car tout cela est quand même assez tragique et ils veulent tourner la page, pensant que tout ce qui a été acquis ces dernières années ne sera jamais remis en cause…
Je pense qu’ils se trompent totalement car l’histoire n’a jamais été linéaire. Elle est faite, en permanence, d’avancées et de reculs. A ce titre, la récente déclaration des plus hauts responsables religieux lyonnais contre le mariage et l’homoparentalité est un signe qui doit nous inciter à la plus extrême vigilance. Malgré tout, certaines avancées sont à noter comme l’appropriation de ces thèmes par de jeunes universitaires courageux qui n’hésitent pas à bousculer les habitudes frileuses de l’université française totalement absente sur ces thématiques contrairement aux anglo-saxons.
Quels sont les enjeux de la sauvegarde de cette mémoire et qu’avez-vous mis en place dans ce domaine ?
La mémoire LGBT est extrêmement fragile, elle est en cours de construction. Les militants des années 70-80 qui ont survécu au sida, au suicide, aux discriminations de toutes sortes, épuisés par des luttes incessantes, se sont peu inquiétés de leur propre archivage. Les institutions publiques encore moins. Il y avait urgence et en ce début de XXIe siècle où nous sommes un peu moins dans l’urgence, nous pouvons enfin réfléchir à ce que nous avons vécu et le mettre en perspective. Aujourd’hui, nous devons être de véritables collecteurs de mémoire afin de constituer les bases de cette histoire en cours d’élaboration.
Vous avez réussi à créer l’unique centre de ressources documentaires gays et lesbiennes en activité en France. Comment cela s’est-il déroulé ?
Ayant déposé en 1992, mes différentes collections à la bibliothèque municipale de Lyon et étant depuis 2001 le chargé de mission "Mémoire" de la Ville de Lyon, il m’a été facile de convaincre le maire, Gérard Collomb (PS) de l’intérêt de la création en France du premier centre de ressources documentaires gays et lesbiennes dans un espace public. Nous avons choisi la date symbolique du 17 Mai 2005, Journée mondiale de lutte contre l’homophobie, pour annoncer officiellement la création de ce centre car au-delà du geste de commémorer, nous souhaitions nous inscrire vraiment dans la durée.
Quels étaient vos critères pour la mise en place de cette structure ?
On doit d’abord partir d’une collection qui existe, lister ses manques comme ses points forts et envisager ensuite quelle institution publique (bibliothèque, archives, musée) pourra l’accueillir et la développer dans le temps. C’est au politique d’assumer cette volonté en collaboration avec les professionnels de l’archive et du livre. Ce n’est pas aux associations ou à de brillantes individualités de se substituer à la volonté politique qui agit, dois-je le rappeler, par délégation du peuple, au nom de la République. Ce discours a le mérite de contrer ceux qui disent ou écrivent que nous encourageons le communautarisme. C’est le contraire car celui-ci se nourrit d’abord quand certains groupes ou communautés ne sont pas représentés dans l’espace public, et de fait se sentent exclus ou marginalisés.
Ils ont alors tendance à créer eux-mêmes ces espaces de mémoire comme c’est le cas pour la plupart des centres de ressources LGBT dans le monde, qui sont le produit d’initiatives privées (particuliers, associations, fondations, etc…). Lyon est devenue la troisième ville, après San Francisco et New York, à avoir inclus cette démarche dans une bibliothèque publique, ouverte à tous sans aucune restriction, et bénéficiant d’une logistique considérable (site sur le net, catalogage normalisé, journal d’information, enregistrement vidéo des conférences, numérisation des documents, etc…).
Chaque année, vous organisez des Assises de la Mémoire gay et lesbienne. Quel est l’objectif de cette manifestation et quel soutien vous apporte la Ville ?
Les Assises sont un rendez-vous, chaque année au mois de Mars, depuis 2002, afin d’échanger et de se ressourcer avec les meilleurs spécialistes d’un sujet. Ainsi, nous avons abordé successivement les lieux de mémoire et l’histoire LGBT, les gays et les lesbiennes en Chine, la déportation des homosexuels, la visibilité historique des transgenres et cette année, "Lesbienne mon amour !". La Ville de Lyon finance la publication des actes, à ce jour quatre volumes ont été publiés, et la Bibliothèque prend en charge complètement le séjour de chacun des participants.
Comment a été accueilli la création du centre de ressources documentaires gays et lesbiennes à Lyon ?
La Ville de Lyon est comme la plupart des grandes villes européennes confrontée à des enjeux urbains. L’accueil et la lisibilité de la population LGBT dans la ville font partie de ces enjeux qui constituent le curseur de la modernité. Les Lyonnais ne s’y sont pas trompés en plébiscitant l’exposition "Follement Gay !" qui présentait à la Bibliothèque municipale une première sélection des documents conservés. Près de 20 000 visiteurs sont venus et nous n’avons eu, dans le livre d’or, que très peu de propos homophobes. Par contre, de très nombreux témoignages, souvent fort émouvants, ont salué cette démarche qualifiée comme courageuse et salutaire. Certains se sont même demandé pourquoi on avait attendu aussi longtemps pour organiser une telle manifestation !
Comment expliquez-vous l’échec du projet parisien de création d’un centre d’archives ?
Si on se réfère à "mes fondamentaux", je crois que l’erreur principale au départ a été de confier une réflexion à des non-professionnels. Archiver comme écrire l’histoire sont des métiers qui impliquent une expérience. On ne peut pas être uniquement dans l’affect et si nous sommes encore dans une période transitoire où ce sont essentiellement des gays et des lesbiennes qui traitent, souvent en militants, des questions de mémoire, je crois que ces sujets devront être traités ensuite par des spécialistes en dehors de toute appartenance sexuelle. L’échec de Paris est d’autant plus étonnant que des collections importantes existent comme celles de l’Académie Gay et Lesbienne, il aurait fallu négocier avec leurs responsables pour envisager un dépôt dans une institution publique en région parisienne. Je ne vois pas pourquoi ce qui a réussi à Lyon devrait obligatoirement échouer à Paris !
Propos recueillis par Jean-François Laforgerie
> Collection : Follement gay !
C’est un épatant ouvrage qu’a dirigé Michel Chomorat, celui consacré à une exposition, dont il a été commissaire, présentant quelques unes des pièces étonnantes qui composent la collection LGBT de la Bibliothèque de Lyon.
Documents rares comme cette gravure, "la tentation du bosquet" du début du XIXème siècle, ou cette carte postale homophobe de 1900, textes intelligents et érudits font de cet ouvrage un document incontournable pour qui
s’intéresse à notre mémoire ou compte en découvrir ses aspects les plus inattendus, les plus anciens comme les plus contemporains. Un must.
"Follement gay ! L’homosexualité dans les collections de la Bibliothèque de Lyon". Collection Mémoire active. Ed. Bibliothèque municipale de Lyon. 25 euros.
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14:30 Publié dans 01 - Actualité, 06 - Politique, 12 - Associations, 13 - Chroniques de vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, homosexualité, france, lyon, paris, michel chomorat, archives













