27.08.2007
Les citoyens homosexuels français auront désormais leurs "archives" à Lyon
Michel Chomarat a créé, à Lyon, le plus important centre français de ressources documentaires gay et lesbiennes. Il explique sa démarche et revient sur l’échec dramatique du projet de centre d’archives LGBT parisien.
Militant gay important, passionné d’archives et d’histoire(s), Michel Chomarat a réussi un incroyable pari : créer le premier centre de ressources documentaires gay et lesbiennes hébergé par une institution publique. C’est la Bibliothèque municipale de Lyon (une véritable institution) qui accueille depuis 2005 cette collection unique en France. Unique aussi est la démarche de Lyon, première ville en France a avoir investi avec "lisibilité" comme le dit Michel Chomorat et intelligence dans le champ des Gay and Lesbian Studies et plus largement de la Mémoire LGBT.
La réussite spectaculaire de ce projet tranche douloureusement avec le capotage en règle du projet de centres d’archives de Paris. A la faveur de la publication d’un superbe album "Follement gay !" consacré à l’homosexualité dans les collections de la Bibliothèque de Lyon, "Illico" a choisi d’interviewer le maître d’œuvre de ce projet, un des rares hérauts (héros ?) de notre mémoire : Michel Chomarat.
> L'interview
Depuis quand vous intéressez-vous à la mémoire gay et lesbienne ?
En tant que militant gay, j’ai toujours archivé les nombreux événements auxquels j’ai été confronté comme l’affaire du Manhattan à Paris en 1977 [la police avait alors investi une des premières backrooms de l’époque] et les procès qui ont suivi, la création en 1981 du GLH [Groupe de Libération Homosexuelle] à Lyon, la mort de Pierre Jeancard en 1981 [l’auteur du mythique livre SM gay "La cravache" ], mais c’est l’apparition du sida et la brutale disparition de la plupart de mes amis qui m’ont fait prendre conscience que si je devais leur survivre, je leur restituerai publiquement, tôt ou tard, leur mémoire… J’ai aussi pris conscience très tôt que lorsque l’on fait partie d’une minorité, on est nécessairement dans une forme de sursis et que l’on se doit de laisser les traces de cette histoire aux générations futures.
Comment expliquez-vous le peu d’intérêt des gays et des lesbiennes pour la conservation de cette mémoire ?
Je comprends, notamment chez les plus jeunes, le peu d’intérêt pour les questions de mémoire et d’histoire des gays et des lesbiennes car tout cela est quand même assez tragique et ils veulent tourner la page, pensant que tout ce qui a été acquis ces dernières années ne sera jamais remis en cause…
Je pense qu’ils se trompent totalement car l’histoire n’a jamais été linéaire. Elle est faite, en permanence, d’avancées et de reculs. A ce titre, la récente déclaration des plus hauts responsables religieux lyonnais contre le mariage et l’homoparentalité est un signe qui doit nous inciter à la plus extrême vigilance. Malgré tout, certaines avancées sont à noter comme l’appropriation de ces thèmes par de jeunes universitaires courageux qui n’hésitent pas à bousculer les habitudes frileuses de l’université française totalement absente sur ces thématiques contrairement aux anglo-saxons.
Quels sont les enjeux de la sauvegarde de cette mémoire et qu’avez-vous mis en place dans ce domaine ?
La mémoire LGBT est extrêmement fragile, elle est en cours de construction. Les militants des années 70-80 qui ont survécu au sida, au suicide, aux discriminations de toutes sortes, épuisés par des luttes incessantes, se sont peu inquiétés de leur propre archivage. Les institutions publiques encore moins. Il y avait urgence et en ce début de XXIe siècle où nous sommes un peu moins dans l’urgence, nous pouvons enfin réfléchir à ce que nous avons vécu et le mettre en perspective. Aujourd’hui, nous devons être de véritables collecteurs de mémoire afin de constituer les bases de cette histoire en cours d’élaboration.
Vous avez réussi à créer l’unique centre de ressources documentaires gays et lesbiennes en activité en France. Comment cela s’est-il déroulé ?
Ayant déposé en 1992, mes différentes collections à la bibliothèque municipale de Lyon et étant depuis 2001 le chargé de mission "Mémoire" de la Ville de Lyon, il m’a été facile de convaincre le maire, Gérard Collomb (PS) de l’intérêt de la création en France du premier centre de ressources documentaires gays et lesbiennes dans un espace public. Nous avons choisi la date symbolique du 17 Mai 2005, Journée mondiale de lutte contre l’homophobie, pour annoncer officiellement la création de ce centre car au-delà du geste de commémorer, nous souhaitions nous inscrire vraiment dans la durée.
Quels étaient vos critères pour la mise en place de cette structure ?
On doit d’abord partir d’une collection qui existe, lister ses manques comme ses points forts et envisager ensuite quelle institution publique (bibliothèque, archives, musée) pourra l’accueillir et la développer dans le temps. C’est au politique d’assumer cette volonté en collaboration avec les professionnels de l’archive et du livre. Ce n’est pas aux associations ou à de brillantes individualités de se substituer à la volonté politique qui agit, dois-je le rappeler, par délégation du peuple, au nom de la République. Ce discours a le mérite de contrer ceux qui disent ou écrivent que nous encourageons le communautarisme. C’est le contraire car celui-ci se nourrit d’abord quand certains groupes ou communautés ne sont pas représentés dans l’espace public, et de fait se sentent exclus ou marginalisés.
Ils ont alors tendance à créer eux-mêmes ces espaces de mémoire comme c’est le cas pour la plupart des centres de ressources LGBT dans le monde, qui sont le produit d’initiatives privées (particuliers, associations, fondations, etc…). Lyon est devenue la troisième ville, après San Francisco et New York, à avoir inclus cette démarche dans une bibliothèque publique, ouverte à tous sans aucune restriction, et bénéficiant d’une logistique considérable (site sur le net, catalogage normalisé, journal d’information, enregistrement vidéo des conférences, numérisation des documents, etc…).
Chaque année, vous organisez des Assises de la Mémoire gay et lesbienne. Quel est l’objectif de cette manifestation et quel soutien vous apporte la Ville ?
Les Assises sont un rendez-vous, chaque année au mois de Mars, depuis 2002, afin d’échanger et de se ressourcer avec les meilleurs spécialistes d’un sujet. Ainsi, nous avons abordé successivement les lieux de mémoire et l’histoire LGBT, les gays et les lesbiennes en Chine, la déportation des homosexuels, la visibilité historique des transgenres et cette année, "Lesbienne mon amour !". La Ville de Lyon finance la publication des actes, à ce jour quatre volumes ont été publiés, et la Bibliothèque prend en charge complètement le séjour de chacun des participants.
Comment a été accueilli la création du centre de ressources documentaires gays et lesbiennes à Lyon ?
La Ville de Lyon est comme la plupart des grandes villes européennes confrontée à des enjeux urbains. L’accueil et la lisibilité de la population LGBT dans la ville font partie de ces enjeux qui constituent le curseur de la modernité. Les Lyonnais ne s’y sont pas trompés en plébiscitant l’exposition "Follement Gay !" qui présentait à la Bibliothèque municipale une première sélection des documents conservés. Près de 20 000 visiteurs sont venus et nous n’avons eu, dans le livre d’or, que très peu de propos homophobes. Par contre, de très nombreux témoignages, souvent fort émouvants, ont salué cette démarche qualifiée comme courageuse et salutaire. Certains se sont même demandé pourquoi on avait attendu aussi longtemps pour organiser une telle manifestation !
Comment expliquez-vous l’échec du projet parisien de création d’un centre d’archives ?
Si on se réfère à "mes fondamentaux", je crois que l’erreur principale au départ a été de confier une réflexion à des non-professionnels. Archiver comme écrire l’histoire sont des métiers qui impliquent une expérience. On ne peut pas être uniquement dans l’affect et si nous sommes encore dans une période transitoire où ce sont essentiellement des gays et des lesbiennes qui traitent, souvent en militants, des questions de mémoire, je crois que ces sujets devront être traités ensuite par des spécialistes en dehors de toute appartenance sexuelle. L’échec de Paris est d’autant plus étonnant que des collections importantes existent comme celles de l’Académie Gay et Lesbienne, il aurait fallu négocier avec leurs responsables pour envisager un dépôt dans une institution publique en région parisienne. Je ne vois pas pourquoi ce qui a réussi à Lyon devrait obligatoirement échouer à Paris !
Propos recueillis par Jean-François Laforgerie
> Collection : Follement gay !
C’est un épatant ouvrage qu’a dirigé Michel Chomorat, celui consacré à une exposition, dont il a été commissaire, présentant quelques unes des pièces étonnantes qui composent la collection LGBT de la Bibliothèque de Lyon.
Documents rares comme cette gravure, "la tentation du bosquet" du début du XIXème siècle, ou cette carte postale homophobe de 1900, textes intelligents et érudits font de cet ouvrage un document incontournable pour qui
s’intéresse à notre mémoire ou compte en découvrir ses aspects les plus inattendus, les plus anciens comme les plus contemporains. Un must.
"Follement gay ! L’homosexualité dans les collections de la Bibliothèque de Lyon". Collection Mémoire active. Ed. Bibliothèque municipale de Lyon. 25 euros.
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21.08.2007
Le Canada célèbre le premier mariage homosexuel d'un de ses Parlementaires
Le député libéral Scott Brison est devenu samedi le premier parlementaire canadien à officialiser son union homosexuelle.
Scott Brison, 40 ans, député, ancien ministre dans le cabinet de Paul Martin et ancien candidat à la direction du Parti libéral, a épousé son partenaire lors d'une cérémonie privée dans sa Nouvelle-Ecosse natale.
Le Canada a adopté en juin 2005 une loi légalisant le mariages homosexuel, un des quatre pays à l'avoir fait avec les Pays-Bas, la Belgique et l'Espagne. La loi avait à l'époque été approuvée par 158 députés contre 133, après un long débat.
Début août, le ministre ontarien George Smitherman avait été le premier homme politique canadien à contracter un mariage homosexuel.
A LIRE SUR :
Il est certain qu'avec la brochette de Députés élus en juin, il sera difficile pour les homosexuels français de fêter un tel évènement avec autant de joie et de "normalité".
Rapellons que la France demeure l'un des pays les plus conservateur au monde en matière d'égalité pour les citoyens homosexuels. Difficile ensuite de faire la morale à nos "ennemis" iraniens qui se s'embarassent pas avec des citoyens génants pour la bonne moralité.
Régis Sada
15:10 Publié dans 01 - Actualité, 02 - CONTRE le mariage gay, 03 - POUR le mariage Gay, 04 - Le P.A.C.S., 06 - Politique, 08 - Dans le monde, 13 - Chroniques de vie, 14 - Homoparentalité | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : politique, homosexualité, gay, mariage homosexuel, canada, parlement, scott brison
13.08.2007
"Warning" ne veut pas de psychose de séropo contamineurs
L’association Warning a particulièrement travaillé sur la question de la pénalisation de la transmission par voie sexuelle. Pour E-llico, elle évalue les enjeux pour les gays.
Pour quelles raisons, selon vous, les gays ne sont quasiment pas concernés aujourd’hui par les plaintes visant à sanctionner la transmission du VIH ?
Il y a un élément culturel. La culture de prévention, héritée des années 80-90 fondée sur la notion de responsabilité partagée, fait que l’idée que l’on est individuellement responsable de sa situation et donc éventuellement de sa contamination demeure vivace chez les gays — même si cette idée est de plus en plus remise en question actuellement. De plus, il faudrait qu’il y ait possibilité par la partie plaignante de prouver un élément manifeste de tromperie pour qu’il y ait possibilité d’un procès. En outre, la situation de multipartenariat chez les gays rend l’accusation de contamination par une personne donnée plus difficile.
Est-ce que la question de la pénalisation de la transmission du VIH peut "prendre" chez les gays français ?
Oui et non. Non à cause de ce qui vient d’être dit. Oui parce que malheureusement dans le milieu du militantisme sida certaines attitudes l’encouragent. C’est la manière réductrice avec laquelle sont envisagées les relations sexuelles sans préservatif qui pose problème. Elle ne fait pas de distinction et assimile les gays à des irresponsables, voire des contaminateurs. Elle ne peut qu’encourager la pénalisation de la transmission du VIH.
Comment expliquez-vous que ce débat ait peu mobilisé les associations de lutte contre le sida ?
Le sujet est très difficile, complexe, soulève les passions, génère des propos d’une violence extrême et du coup les associations ont peur de s’impliquer. C’est pourquoi — en gros — elles laissent le débat se dérouler entre Aides, Act Up, Warning, Didier Lestrade et Femmes Positives [association de femmes contaminées par leurs partenaires dont certaines ont porté plainte en justice].
Je crois aussi qu’elles sont déroutées, désemparées. Le débat sur la pénalisation oblige à poser la question de la pertinence ou de la non pertinence actuelle des conceptions de la prévention telle qu’elles ont été pensées dans les années 80 et 90. Bien des associations voient parfaitement que les paradigmes traditionnels de la prévention ne sont plus acceptés par tous les gays et que les discours incantatoires ne fonctionnent pas. Mais les débattre les place face à un tel abîme qu’elles préfèrent s’y accrocher.
Vous dites "Du point de vue de la prévention, l’idéologie de la responsabilité partagée est aujourd’hui obsolète". En quoi ?
Cette idéologie supposait que chacun était responsable de sa protection. Comme les dernières décisions de justice désignent un coupable, cette idée ne fonctionne plus. La prévention fondée sur cette idéologie s’appuie également sur le présupposé que le partenaire sexuel est potentiellement séropositif. Ce présupposé pouvait fonctionner à l’époque de l’hécatombe, mais aujourd’hui beaucoup de gays ne partagent pas ce présupposé et c’est pourquoi j’ai dit que cette idéologie, qui était globalisante, était obsolète. Nous touchons là à une question complexe, mais qui est un élément fondamental de la réflexion à Warning.
L’évolution du mode de vie des gays, l’évolution globale de la société française avec l’acceptation du PaCS, du couple homo, la reconnaissance de l’homosexualité comme une sexualité spécifique légitime, l’exigence d’égalité de la part des LGBT avec les personnes hétérosexuelles ont des conséquences majeures. Par exemple, comme pour le couple hétéro, de plus en plus de gays estiment que le couple gay doit être fondé sur la confiance. Pour deux gays séroconcordants l’abandon du préservatif est de plus en plus une étape essentielle dans la construction du couple. Il est donc important dans une perspective de prévention, de prendre en compte ces réalités afin d’adopter des messages adaptés.
Quels effets auraient, sur les séropositifs, une pénalisation renforcée de la transmission du VIH ?
Les personnes séropositives subiraient une augmentation des attitudes discriminatoires à leur encontre car c’est le spectre fantasmatique du contaminateur qui serait agité dans la société. Elles vivraient dans une insécurité en cas de rapport avec un partenaire séronégatif car elles vivraient dans le système social du soupçon permanent. On peut penser que beaucoup de personnes séropositives craindront alors d’avoir des rapports sexuels avec des personnes séronégatives.
Comment se pose aujourd’hui la question de la pénalisation de la transmission du VIH chez les gays alors que de nouvelles approches de la prévention sont désormais connues ?
Je pense que la question principale actuellement pour les gays n’est pas la pénalisation mais la norme. Le développement des discours du soupçon à l’encontre des personnes séropositives et le ton de plus en plus agressif des campagnes de prévention favorisent le développement du sérochoix. Certains séronegs pensent qu’ils sont en sécurité s’ils n’ont des rapports qu’avec des séronegs et certains séropos pensent que des rapports avec des séropos uniquement, c’est des problèmes en moins. Surtout il y a la question des traitements. Si les personnes sous traitement sont peu susceptibles de transmettre le VIH alors la question de la pénalisation va se poser de façon sensiblement différente. La mise au point de microbicides efficaces changerait aussi fondamentalement la donne.
Site de Warning : www.thewarning.info
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14:50 Publié dans 01 - Actualité, 05 - Santé, 06 - Politique, 13 - Chroniques de vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : santé, politique, sida, vih, contamination, warning, association
Un homosexuel séropositif mis en examen pour "contamination volontaire" sur ses partenaires
Un jeune homme homosexuel de 25 ans, soupçonné d'avoir volontairement contaminé des partenaires avec le virus du Sida lors de rapports non protégés, a été mis en examen jeudi, a-t-on appris vendredi auprès du parquet de Draguignan.
Le jeune homme a été mis en examen pour "administration de substances nuisibles ayant entraîné une infirmité permanente". Il a été laissé en liberté par le juge des libertés et de la détention et placé sous un contrôle judiciaire strict lui imposant en particulier des analyses et des soins.
L'affaire a été mise au jour à la suite de la plainte d'un de ses partenaires, domicilié à La Roquebrussanne (Var), puis d'un deuxième demeurant dans la région de Brignoles (Var).
Les deux victimes, qui ne se connaissaient pas, avaient indiqué que leur partenaire homosexuel était originaire de Pernes-les-Fontaines (Vaucluse).
Des analyses, dont un "génotypage", permettaient d'identifier une souche identique et établissait que le jeune homme de Pernes-les-Fontaines était le dénominateur commun entre les deux affaires.
Selon les premiers éléments du dossier, une dizaine de jeunes homosexuels auraient été contaminés en région Provence-Alpes-Côtes-d'Azur depuis 2002, date à laquelle l'auteur présumé a pris connaissance de sa maladie.
Ce dernier nie les faits et, pour sa défense, revendique son incapacité à admettre et affronter sa maladie en dépit de son état de santé. Il explique son attitude par "une fuite en avant".
Une information judiciaire a été ouverte au cabinet de Mme Pascale Cina, juge d'instruction à Draguignan.
> Gays : peu de plaintes, de rares condamnations
Pourquoi, d'une manière générale, les gays ne portent-ils pas plainte ? "C’est lié à l’histoire de la communauté gay, explique Emmanuel Château, co-président d’Act Up-Paris. Le pédé qui irait se plaindre d’avoir été contaminé, on lui dirait "T’avais qu’à mettre une capote !" Et puis, il y a le multipartenariat, la culpabilisation intégrée [ce qui m’arrive est de ma faute] et la difficulté à apporter la preuve de sa contamination par une personne précise." "La majorité des gays qui se contaminent se sentent responsables, voire coupables de ne pas avoir utilisé de préservatifs avec leur partenaire, également parce que, d'une manière générale, les gays ont peur de porter plainte et de dévoiler ainsi leur pratiques sexuelles à la police, à la justice, et en conséquence, aux médias et au grand public" note, pour sa part, Michael Hauserman, coordinateur du projet Santé gaie de l’association Dialogai en Suisse.
A ce jour, il n’y a eu aucune condamnation en France concernant les gays. Ailleurs, les condamnations sont rares, mais elles existent. Ainsi en juillet 2003, un jeune séropositif gay suédois est condamné à quatre ans de prison ferme pour relation sexuelles non protégées alors que ses partenaires n’ont pas été contaminés. La même année, un gay séropositif est condamné à trois ans de prison en Suisse. Aux Etats-Unis, les condamnations de gays sont nombreuses.
Il y a aussi eu des condamnations concernant des homos en 2001, 2003 et 2004 en Grande-Bretagne. En revanche, toujours en Grande-Bretagne, un gay accusé d’avoir transmis le VIH à son partenaire a été acquitté en août 2006. Il faut noter que la plupart de ces affaires concernent des gays ayant une connaissance de leur statut sérologique mais l’ayant caché. C’est ce qui fait dire aux associations de lutte contre le sida que la pénalisation pousserait davantage les gays à ne pas vouloir connaître leur statut sérologique qu’à passer le test.
J.-F. L.
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03.08.2007
Vous voyagez à Rome ? Passez par la nouvelle "Gay Street" !

Une rue gay, baptisée "Gay street" a été inaugurée symboliquement jeudi soir à Rome par plusieurs centaines de manifestants homosexuels qui se sont ensuite rassemblés devant le Colisée en soutien au couple gay interpellé il y a une semaine par la police pour un baiser jugé "indécent".
La rue en question, la via San Giovani in Laterno située à quelques mètres du Colisée, a été "officiellement" baptisée "Gay street" par la principale association italienne de défense des homosexuels, Arcigay, qui souhaite "donner à Rome un point de référence pour la communauté gay et lesbienne".
Si un bar gay a été ouvert dans cette rue en 2001 et que quelques autres établissements sont fréquentés par les homosexuels, il n'existe pas dans la ville éternelle de quartier dit "gay" comme le Marais à Paris.
Deux hommes se sont fait interpeller la semaine dernière pour "attentat à la pudeur" alors qu'ils se trouvaient devant le Colisée. Les deux jeunes gens ont affirmé qu'ils ne faisaient que s'embrasser mais la police les accusent d'avoir été beaucoup plus loin de "façon manifeste et non équivoque".
Un précédent rassemblement de soutien au couple interpellé avait déjà rassemblé une centaine de couples dimanche soir devant le Colisée.
La manifestation de jeudi soir a reçu le soutien de plusieurs ministres du gouvernement de centre-gauche de Romano Prodi, dont la ministre pour l'Egalité des Chances Barbara Pollastrini, la ministre de la Jeunesse et des Sports Giovanna Melandri et le ministre pour la Solidarité sociale Paolo Ferrero.
Paolo Ferrero, dans un message envoyé aux organisateurs, a estimé qu'en Italie "le chemin est encore long en termes de démocratie, de liberté et de respect". Appelant à "combattre toute forme de discrimination", le ministre a estimé que la manifestation "avait une grande valeur symbolique".
La mairie de Rome a apporté son soutien à cette manifestation.
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01.08.2007
Les Desperate Housewives accueilleront bientôt un couple homosexuel à Wisteria Lane
La série télé américaine "Desperate Housewives" va accueillir un couple gay pour sa prochaine saison sur la chaîne ABC.
Si on en croit les responsables de la série, on devrait voir le rainbow flag flotter au-dessus des coquettes maisons de Wisteria Lane à partir du cinquième épisode de la saison à venir.
"Nous allons accueillir les premières 'épouses désespérées' de sexe masculin" a déclaré Marc Cherry l'auteur-créateur de la célèbre série. Le couple devrait emménager dans l'ancienne demeure de Miss Applewhite et l'un des membres du ménage gay nouer une relation de voisinage exécrable avec Teri Hatcher.
Le casting pour ce ménage gay n'est pas encore arrêté même si l'écriture des premiers épisodes le mettant en scène à commencé.
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26.07.2007
Act-up juge la France "complice passive" des crimes anti-homosexuels perpétrés en Iran

Act Up-Paris a organisé mercredi 25 juillet un zap téléphonique du cabinet du ministère des Affaires Etrangères pour exiger de la France qu’elle condamne la pendaison en Iran le 22 juillet dernier de seize hommes accusés de divers crimes dont la sodomie ou des comportements jugés «immoraux».
Suite à cette action, le directeur de cabinet de Bernard Kouchner a demandé une note à ses services afin de déterminer «la réaction appropriée de la France dans cette affaire». Rappelons que des exécutions sont annoncées depuis le 10 juillet dernier par les médias –gay notamment. Le ministère s’est engagé à condamner ces pendaisons, au cours d’un point presse ce jeudi.
Pour Emmanuel Château, président d’Act Up-Paris : «par son silence, la France s’est rendue complice de ces assassinats. Faute d’une réaction rapide de la diplomatie française, 17 autres personnes risquent d’être pendues en Iran à leur tour».
On apprend par ailleurs de l'association Iranian Queer Organization (IRQO) qu'un gay iranien de 21 ans, à Paris depuis un an et demi, est actuellement en danger d'expulsion vers l'Iran, pays qu'il avait quitté en raison de son orientation sexuelle. Il semble que les autorités françaises négocient son expulsion avec l'ambassade d'Iran.
"Alors que des homosexuels sont régulièrement exécutés en Iran du fait de leur orientation sexuelle la France se rendrait coupable de complicité d'assassinat en renvoyant ce garçon dans son pays d'origine" estime Act Up.
L'association demande aux autorités françaises de condamner officiellement ces exécutions et d'obtenir de Téhéran desinformations sur l'identité des 17 autres condamnés menacés d'exécution, ainsi que les accusations pour lesquelles chacun d'entre eux a été arrêté. Act Up exige aussi que le droit d'asile aux personnes menacées et/ou persécutées dans leur pays d'origine en raison de leur orientation sexuelle ou identité de genre soit appliqué.
A LIRE SUR :

Nicolas Sarkozy ne s'est pas exprimé sur ces assassinats et ne se rendra pas en Iran.J'ai presque failli oublier : il n'y a rien à vendre à l'Iran.... Il font du nucléaire eux-mêmes maintenant....
Le citoyen que je suis aime quant la France est juste et égalitaire dans ses actions et ses propos. Avec la Libye, elle a accepté de fermer les yeux sur les erreurs passées de Khadafi pour lui vendre une petite Centrale.
La France a sans doute permis la libération de six personnes en Libye tout en restant silencieuse sur les centaines d'homosexuels épurés en Iran. Elle essaye même de renvoyer ceux qui ont trouvé refuge chez nous.
J'aime la France qui tient sa place et fait entendre sa voix et sa différence. J'ai un profond mépris pour cette France qui ferme les yeux et l'indifférence primer quant ses intérêts commerciaux ne sont pas engagés.
Monsieur Le Président de la République, vous n'avez pas été élu pour être un demi-Président. Certains vous reprochent d'en faire trop, là, je vous demande d'en faire un tout petit peu plus....
Pour ma part, je ne suis pas un demi-citoyen. Je ne ferme pas les yeux sur ce qui ne m'intéresse pas. C'estma vision de l'ordre.....juste.
Régis Sada
13:10 Publié dans 01 - Actualité, 06 - Politique, 07 - Religion, 08 - Dans le monde, 10 - La H.A.L.D.E., 11 - Homophobie, 12 - Associations, 13 - Chroniques de vie | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : iran, france, politique, homosexualité, homophobie, libye, diplomatie
23.07.2007
La justice italienne reconnait de fait la notion de "couple" entre deux personnes homosexuelles
Un tribunal a accepté pour la première fois en Italie la constitution de partie civile d'un homme pour le meurtre de son compagnon alors que les unions homosexuelles n'ont toujours pas de reconnaissance légale dans le pays.
Le tribunal de Rome a accepté la constitution de partie civile de Mario Chinazzo, 70 ans, dont le compagnon Roberto Chiesa, 63 ans, a été tué à coups de couteau le 7 mars dernier à son domicile par un jeune prostitué.
L'avocat de Mario Chinazzo a produit pour justifier la demande de son client le testament de la victime le désignant comme héritier ainsi que divers documents établissant leur cohabitation.
L'association de défense des homosexuels Arcigay a salué dans un communiqué "une décision historique qui ne pourra que faire jurisprudence".
"C'est un signal donné aux politiques", a ajouté le président d'Arcigay Aurelio Mancuso, alors que le projet de loi visant à reconnaître des droits aux couples non mariés, homosexuels ou hétérosexuels, est en attente d'adoption depuis plusieurs mois.
Une version édulcorée d'un premier texte est actuellement en discussion en commission au sénat.
Une partie des parlementaires de l'opposition de droite mais aussi de la majorité de centre-gauche s'oppose à une telle loi et d'autres hésitent à prendre de front l'Eglise catholique, hostile à toute légalisation des unions homosexuelles.
"Le parlement ne peut pas continuer à rester sourd à ces petits pas accomplis pour que l'Italie devienne une nation européenne", a estimé Aurelio Mancuso.
Le tribunal de Rome a en revanche rejeté la demande de constitution de partie civile d'Arcigay ainsi que de la mairie de Rome. La municipalité de centre-gauche dirigée par Walter Veltroni a récemment donné le nom d'un autre homosexuel victime d'un meurtre sur une place de la capitale.
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12.07.2007
Une place romaine portera le nom de Paolo Seganti, victime de l'homophobie.
Une place située dans le nord-est de Rome a été baptisée mercredi, pour la première fois dans la capitale italienne, du nom d'un homosexuel tué il y a deux ans à Rome et dont les assassins n'ont jamais été retrouvés, a annoncé la municipalité.
La plaque qui a été apposée mercredi porte l'inscription "Place Paolo Seganti, victime de la violence et de l'homophobie, 1967-2005".
"L'assassinat de Paolo a été une des pages les plus horribles et les plus tristes de l'histoire récente de Rome", a déclaré le maire Walter Veltroni en découvrant la plaque.
"Cela nous rappelle combien il est difficile et nécessaire de construire une ville qui soit avant tout une communauté dans laquelle personne ne se sent exclu, discriminé ou marginalisé, pour quelque raison que ce soit", a-t-il ajouté.
Paolo Seganti, acteur, homosexuel, a été tué à coups de bâton le 11 juillet 2005 et laissé agonisant dans un parc de la zone nord-est de Rome où une place porte désormais son nom.
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05.07.2007
Quant la religion arrivait à faire croire aux gays qu'ils pouvaient changer....
Lors d'une conférence de presse organisée, mercredi 27 juin, au Los Angeles Gay and Lesbian Center, trois anciens responsables de l'organisation chrétienne Exodus, dont son co-fondateur Michael Bussee, se sont excusés pour avoir véhiculé un message qui a pu nuire à la communauté homo en entraînant «isolation, honte et peur».
En effet, les membres de cette organisation, fondée en 1976, proposaient de «se libérer de l'homosexualité» par la prière et le pouvoir de Dieu. S'ils prétendent avoir agi de bonne foi, ils reconnaissent qu'ils ont blessé aussi bien les homos que leur entourage, en laissant penser qu'on pouvait changer d'orientation sexuelle.
D'ailleurs, ces trois ex-responsables sont aujourd'hui tous gays. Alan Chambers, l'actuel président d'Exodus, a répondu qu'Exodus «est là pour les gens qui veulent une alternative à l'homosexualité. [...] Des centaines de personnes comme moi ont réussi à la surmonter.»
L'Association américaine de psychologie et l'Association américaine de psychiatrie ont, à plusieurs reprises, souligné les dangers de ces thérapies dites «réparatrices» ou «de conversion».
D'ailleurs, un sondage CNN/Opinion research corporation, publié le 27 juin dernier, révèle que, pour la première fois, une majorité d'Américains (56%) pense que les homos ne peuvent pas changer d'orientation sexuelle, même s'ils le souhaitent. En 2001, ils étaient seulement 45% à le penser et 36% en 1998.
par Stéphane Garneri
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