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27.09.2005

Mariage homosexuel en France : Une leçon de démocratie et de tolérance

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Le 10 juin 2004, nos amis africains ont fait paraître un billet que la question du mariage homosexuel, avec un titre évocateur et progressiste.

Ce billet faisait suite au mariage prononcé à Bégles par Noël Mamère et qui avait tant défrayé la chronique en France.

A LIRE SUR :

http://www.lefaso.net/article.php3?id_article=2574

Contre vents et marées, le maire de Beigle, l’écologiste Noël Mammère a officié le premier mariage homosexuel en France le 5 juin 2004. Devant Dieu et devant les hommes, deux hommes se sont unis pour le meilleur et pour le pire selon la formule consacrée du mariage. Si ce couple hors du commun a scellé son union, la France, leur pays, est divisée entre ceux qui condamnent ce genre de mariage et ceux qui l’approuvent.

Au-delà de ce débat dans lequel nous n’allons pas entrer, il faut relever le contexte dans lequel il a lieu. Que ce soit avant, pendant ou après le mariage, il n’a été noté aucune opposition par la violence. Les protestataires font savoir simplement leur désapprobation sans aller jusqu’à poser des actes pouvant entraver la célébration du mariage ou s’en prendre ouvertement aux protagonistes c’est-à-dire l’ancien journaliste devenu maire et les deux tourtereaux. Les autorités françaises, notamment le ministre de l’Intérieur, Dominique De Villepin, ont aussi adopté la même attitude.

Pourtant, fort de son pouvoir, de son autorité, ce dernier pouvait bel et bien interdire la célébration du mariage. Il pouvait tout simplement faire investir la mairie par des agents des forces de l’ordre et empêcher quiconque d’y accéder. Mais, il ne l’a pas fait, préférant plutôt recourir à la justice pour, d’une part révoquer de ses fonctions le maire "rebelle", de surcroît son subordonné, et d’autre part annuler le mariage qui fait tant jaser.

Tout ce remue-ménage est l’expression, la preuve de la vitalité de la démocratie dans ce pays. Les débats faisant évoluer les mentalités, la société, il faut bien les susciter. C’est sans doute ce qu’a voulu faire Noël Mammère qui se défend de vouloir aller volontairement à l’encontre des valeurs sociales mais plutôt d’aller dans le sens du Pacte civil et social (PACS). Cette loi de l’ère Jospin, l’on se rappelle, a reconnu un certain nombre de droits aux homosexuels.

Sans avoir officiellement légalisé le mariage des homosexuels comme par exemple les Pays-Bas, la France, avec cette loi, ne l’a pas non plus expressément interdit. Et comme ce qui n’est pas interdit est autorisé, il y en a qui ont donc franchi sans scrupule le pas.

Pour se prévaloir de ce principe de droit, il faut avant tout connaître ses... droits. C’est de l’injure que de soutenir le contraire à l’endroit des citoyens d’un pays comme la France, la patrie des droits de l’Homme et l’exemple de démocratie achevée. Ce qui s’est passé avec le récent mariage homosexuel est une leçon de tolérance. Ceci a été démontré avec l’expulsion de l’imam de Vénicieux.

Aucune manifestation d’opposition ou d’exigence de retour du religieux n’a été constatée. C’est la justice qui a fini par annuler l’ordre d’expulsion. La célébration, malgré tout, du mariage est aussi une leçon de démocratie et d’acceptation des différences d’opinions avec les débats en toute sérénité. Aurait-on assisté à pareille situation sous les tropiques par exemple ? Sans doute pas. L’intolérance, l’intégrisme religieux auraient pris le dessus sur toute considération démocratique. Les tourtereaux, le maire et ceux qui soutiennent une telle union seraient mis dans le même sac.

Ils auraient été l’objet de toutes sortes de propos et d’actes aux antipodes de leur dignité, de la liberté d’expression et d’opinion. Imagine-t-on un seul instant ce mariage au Nigeria ? Au pays d’Obasanjo où les pires exactions sont commises pour des faits moins graves ?

On est mémoratif des violences qui ont entraîné le transfert de l’élection miss monde. Dans ce pays, comme dans d’autres sur le continent africain, les autorités politiques auraient tout fait pour que ce genre de mariage ne soit pas célébré. Le ministère de tutelle aurait commencé par mettre la pression sur le subordonné "indiscipliné", le vouer aux gémonies au besoin. Certains religieux n’auraient pas manqué d’entrer dans la danse et user de toutes sortes d’intimidations contre l’officier de l’Etat civil et même contre le couple.

Si malgré tout, le maire passait outre, il se heurterait à un dispositif d’agents des forces de l’ordre qui lui empêcherait d’accéder à son lieu de service pour la cérémonie. En somme, ce serait un règlement de compte dans lequel les principes démocratiques, de liberté pourtant reconnus par les lois fondamentales, seraient royalement ignorés. Pourtant, ce sont ces genres d’occasion qui permettent d’affirmer son attachement à la démocratie, qui nourrit et fait vivre ce système politique qui, malheureusement, se résume sous les tropiques à l’organisation d’élections. La démocratie va bien au-delà.

Mais les citoyens comprennent-ils cela ? Espérons que cette leçon de tolérance et de démocratie venue de France servira à quelque chose.

Le Pays

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